La beauté peut-elle sauver le monde ?

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Neuvy-Saint-Sépulchre (Indre) par Daniel Jolivet, CC BY 2.0 <https://creativecommons.org/licenses/by/2.0>, via Wikimedia Commons

Par Sébastien Camus, professeur de philosophie

« Il peut sembler bien dérisoire, à première vue, de vouloir sauver le monde par la beauté. Quoi de plus fragile, de plus intangible que la beauté ? Quelle force peut-on lui prêter, qui rendrait son expérience capable de nous transformer au point de sauver le monde. » De quoi s’agit-il alors dans cette belle citation de Dostoievski extraite de son roman « l’Idiot » ? Peut-être de nous rendre sensible à un événement qui n’est plus vécu comme tel, l’inépuisable présence de ce cosmos qui ne cesse de nous apparaître et de resplendir, même quand nous ne le voyons plus, accaparés et fascinés par les images lumineuses que nous lui avons substituées. Il s’agira donc d’explorer ensemble comment l’expérience de la beauté peut nous remettre au monde, nous remettre en présence les uns des autres. Fragile, transitoire, cette expérience peut nous reconduire à l’amour du monde, dont nous pressentons qu’il n’est pas seulement pour nous ressource, mais aussi révélation.

6 séances d’1 h 30 de janvier à mars 2027 – 54 €

Une histoire du roman policier. Première partie : d’Œdipe à la Série Noire - Sherlock

Roman policier chatGPT

Image composée par chatgpt à partir d’un prompt de Roland Haussy

Par Michel Debidour, professeur des universités, ancien membre de l’École française d’archéologie d’Athènes

Même amorcé plus tôt (Voltaire), c’est à partir du XIXe siècle que le roman d’enquête s’est constitué avec un large public, dont même des intellectuels. D’E. Poe et Conan Doyle à San Antonio et au roman policier historique, en passant par Maurice Leblanc, Agatha Christie, Georges Simenon et Sébastien Japrisot, nous suivrons l’évolution du genre et de ses conventions d’écriture. Pris entre le roman-problème aux formes figées, et le goût de l’action incarné par le roman noir américain, le roman policier a fourni aussi un matériau de choix à plusieurs chefs-d’œuvre du cinéma. Enfin on analysera plus en détail le personnage de Sherlock Holmes, l’enquêteur de l’époque victorienne devenu le mythe universel du détective.

Une histoire du roman policier. Seconde partie : le polar dans la ville

Par Ahmed Tiab, écrivain, professeur

Le polar trouve souvent des villes emblématiques pour en faire le cadre de ses intrigues. Ce choix oblige l’auteur-autrice à lui réserver un rôle central dans une histoire. Elle devient alors un protagoniste à part entière. La ville d’Oran a toutes les qualités et les défauts pour inspirer un romancier. Camus s’en est inspiré pour écrire « La peste ». Plus récemment, la cité a donné Y. Khadra et K. Daoud, auteurs reconnus en France.

L’auteur proposera une présentation de son parcours littéraire depuis la parution de son premier polar en 2016, un cold-case datant des années 50 et situé dans sa ville de naissance, prétexte pour évoquer Oran entre cette époque et la période contemporaine. Une dizaine de publications plus tard, Nyonsais d’adoption, il nous parlera de ses deux derniers titres, parus cette année ainsi que de sa participation à un ouvrage collectif sur le Front Populaire de 1936.

4 séances d’1 h 30, le vendredi de 14 h 30 à 16 h 00, en novembre et décembre 2026 – 36 €

Les écrivains voyageurs

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Les trois voyageurs. Image composée par l’IA à partir un prompt de Roland Haussy

Par Dominique Phélebon, maîtrise de lettres et personnel de direction d’établissement scolaire et Christine Bry, artiste peintre, écrivaine

Pour débuter ce cours, découvrons à travers plusieurs écrivains majeurs ce qu’est un « écrivain-voyageur ». Toute la problématique est de savoir si, comme Balzac, ils voyageaient dans leur chambre pour avoir de l’inspiration et s’ils auraient écrit la même chose.lexandra David Néel, née en 1868, a traversé le siècle avec une vie des plus originales : Orientaliste, spécialiste du Tibet, journaliste et bouddhiste, elle fut aussi féministe avant l’heure, vivant en « union libre ». Grande écrivaine de dizaines d’ouvrages pendant ses presque 100 ans de vie. Nous la rencontrerons habillée en bourgeoise puis en clocharde, chantant l’opéra ou cheminant jusqu’à Lhassa en haillons. Elle fit de nombreuses rencontres. Les plus importantes : son Sherpa qui devint son fils adoptif et sa secrétaire de fin de vie qui lui a fermé les yeux. Un destin de femme à (re)découvrir.

Sylvain Tesson : écrivain essayiste voyageur, « arpenteur du monde et funambule des mots ». Nous nous pencherons sur cet auteur original d’autant plus difficile à cerner qu’il est vivant. Sa vie est intéressante car elle semble avoir déterminé son audace à parcourir les routes, les mers et les pays de l’extrême. Son éducation fut aussi le moteur de ce qu’il est devenu : un casse-cou. Un « écrivain-voyageur » c’est un écrivain qui tire ses écritures de ses voyages. Toute la question est de savoir si Tesson écrirait sans voyager et s’il produirait les mêmes textes.

Nastassja Martin : Anthropologue, elle est une spécialiste du Grand Nord, dont elle raconte ses péripéties dans ses livres : Après l’Alaska en 2015, c’est l’Est sibérien qu’elle explore afin d’étudier les peuples du Kamtchatka. « Croire aux fauves » raconte l’attaque d’une ourse qui l’a défigurée. Un an plus tard, elle retourne en Russie, à la rencontre d’une famille de chasseurs-cueilleurs qui cherche à retrouver la vie et les pratiques de ses ancêtres au cœur de la forêt.

Pierre Loti : un auteur célébré par Alain Quella-Villéger son biographe, qui a détaillé ses multiples vies : photographe, dessinateur et écrivain d’une cinquantaine de romans, dont le fameux « Pêcheur d’Islande ». Loti déclare avoir vécu « cent vies humaines ». Ses livres autobiographiques sont inspirés de sa vie de baroudeur. Sillonnant les mers, il rapportait romans et souvenirs d’Orient dont il décorait sa maison légendaire. On ne s’ennuie pas avec Loti, grand original, qui n’était pas destiné à l’écriture, mais qui a fait de sa vie un roman d’écrivain-voyageur.

5 séances d’1 h 30, le jeudi de 14 h 30 à 16 h 00, en janvier et février 2027 – 45 €